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Enrico V, je l’ai tout de suite imaginé comme un enfant qui crie « je veux la France » comme s’il voulait satisfaire un caprice. En réalité, on comprendra que ce qu’il veut vraiment est de conquérir l’impossible. Conquérir l’impossible est toujours fortement vital, c’est un acte de foi. La conquête de la France, débutée comme un jeu, contraint ce roi à devenir un guerrier qui cherche en soi un pouvoir profond et total, qui lui permettra d’être libre. C’est ce qui m’est arrivé quand j’ai commencé à faire l’acteur et encore plus quand j’allais mal. J’ai lu Enrico V comme un texte sur le courage. A ce moment-là de ma vie, j’avais besoin de courage. Comme Enrico V, je me sentais fatigué de lutter. Shakespeare donne une dimension humaine à ce roi, un homme avec ses faiblesses, ses peurs. Un homme qui finit par vaincre une grande puissance militaire parce qu’il parvient à faire émerger de lui-même un grand courage. Pippo Delbono ![]() |
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