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Une pièce de Josef Nadj pour douze interprètes CHOREGRAPHIE : Josef Nadj Assistant à la mise en scène : Denes Debreï Lumières : Rémi Nicolas assisté de Christian Halkin Scénographie : Michel Tardif Conception et réalisation des masques et des accessoires: Jacqueline Bosson Musique : en cours DANSEURS : Istvan Bickei, Samuel Dutertre, Peter Gemza, Mathilde Lapostolle, Cécile Loyer, Nasser Martin-Gousset, Josef Nadj, Kathleen Reynolds, Laszlo Rokas,Joseph Sarvari Gyork, Joseph Szakonyi, Cécile Thièblemont. EQUIPE TECHNIQUE : Direction Technique : Raymond Blot Régisseur Lumière : Christian Halkin Chef de Plateau : Laurent Grillon Assistant Technique : Valéry Franchi PRODUCTION ET DIFFUSION : MARTINE DIONISIO Coproduction : Centre Chorégraphique National d'Orléans, le Volcan Scène Nationale Le Havre - Scène Nationale d'Orléans – Théâtre National de Bretagne – Théâtre de la Ville - Paris Le chorégraphe hongrois aime emmener le spectateur dans l'univers romanesque et poétique des auteurs qu'il affectionne. Après Bruno Schulz auquel Les Philosophes rendaient hommage, il s'intéresse à l'œuvre de Raymond Roussel, ce « multimillionnaire, écrivain et auteur dramatique, pianiste et chanteur amateur, faiseur d'imitations, bon tireur au pistolet, joueur d'échecs, voyageur, toxicomane… » mort en 1933. Raymond Roussel a marqué beaucoup d'écrivains ou d'artistes tel le peintre Marcel Duchamp. « Le monde de Roussel est un monde d'imaginaires élaborés à partir d'éléments objectifs. Il était toujours en recherche d'un autre sens, du sens caché et c'est ce décalage qui nourrit mon spectacle » explique Josef Nadj. On trouve dans Poussière de soleils, à travers l'usage des masques notamment, des références à l'Afrique — un continent totalement réinventé par Roussel dans son livre « Impressions d'Afrique ». Huit hommes et quatre femmes interprètent la danse de Josef Nadj, dans une scénographie évoquant l'idée de l'échiquier. Le montage musical mêle du classique aux percussions et au jazz, symbole de la fusion entre Occident et Afrique. "Roussel se croyait philologue, philosophe et métaphysicien. Mais il reste un grand poète. C'est Roussel qui, fondamentalement, fut responsable de Mon Verre, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même. Ce furent ses Impressions d'Afrique qui m'indiquèrent dans ses grandes lignes la démarche à adopter. […] Je vis immédiatement que je pouvais subir l'influence de Roussel. Je pensais qu'en tant que peintre, il valait mieux que je sois influencé par un écrivain […]. Et Roussel me montra le chemin. Ma bibliothèque idéale aurait contenu tous les écrits de Roussel […] Voilà la direction que doit prendre l'art : l'expression intellectuelle, plutôt que l'expression animale. J'en ai assez de l'expression "bête comme un peintre"". Marcel Duchamp Cette pièce emprunte son titre à l'une des œuvres dramatiques de Raymond Roussel. Cependant, c'est moins à l'œuvre littéraire qu'à la vie de Raymond Roussel, à la manière dont il fit œuvre de sa vie qu'est consacré Poussière de soleils . Et en particulier, à ce que cette vie exprime des relations entre l'art et la folie, entre l'art et la mort. Roussel a inventé des machines à langage qui n'ont sans doute, en dehors du procédé, aucun autre secret que le visible et profond rapport que tout langage entretient, dénoue et reprend avec la mort". Michel Foucault Né le 20 janvier 1877 à Paris, Raymond Roussel a été retrouvé mort au matin du 14 juillet 1933 (an IX de l'ère fasciste) dans la chambre 224 qu'il occupait depuis plusieurs semaines au Grand Hôtel et des Palmes à Palerme. La police palermitaine a rapidement conclu à une mort « naturelle causée par une intoxication due aux narcotiques et somnifères ». Cependant, la thèse du suicide semble hautement probable. Celui que Michel Leiris décrivait comme « multimillionnaire, écrivain et auteur dramatique, pianiste et chanteur amateur, faiseur d'“imitations”, bon tireur au pistolet, joueur d'échecs […], voyageur, toxicomane », avait tout sacrifié à son unique passion : la littérature. COMMENT j'ai écrit certains de mes livres Peu après sa mort, selon les consignes qu'il avait données à son éditeur, paraissait son ultime opus, Comment j'ai écrit certains de mes livres qui, en dépit de la révélation que laisse supposer son titre, obscurcit plus qu'il ne le dévoile le mystère Roussel. Le mystère Roussel : son dandysme (un souci de l'apparence qui touchait à la phobie), son excentricité et son goût pour le spectacle, en opposition avec sa vie solitaire, ponctuée de voyages accomplis avec une totale absence de curiosité (« J'ai beaucoup voyagé. […] Or de tous ces voyages, je n'ai jamais rien tiré pour mes livres. Il m'a paru que la chose méritait d'être signalée tant elle montre clairement que pour moi l'imagination est tout ») ; comme le secret des procédés qu'il a définis et mis en jeu, de manière obsessionnelle, dans l'écriture de ses œuvres romanesques et poétiques. "Une seule chose est certaine : le livre « posthume et secret » est l'élément dernier, indispensable au langage de Roussel. En donnant une « solution », il transforme chacun de ses mots en piège possible, c'est-à-dire en piège réel, puisque la seule possibilité qu'il y ait un double fond ouvre pour qui écoute un espace sans repos. Ce qui ne conteste pas l'existence du procédé clef, ni le méticuleux positivisme de Roussel, mais donne à sa révélation une valeur rétrograde et infiniment inquiétante". Michel Foucault, Roussel Dans ce livre, Roussel mentionne « une curieuse crise que j'eus à l'âge de 19 ans, alors que j'écrivais La Doublure . Pendant quelques mois j'éprouvai une sensation de gloire universelle d'une intensité extraordinaire ». À la suite de l'échec littéraire rencontré par ce premier roman (composé en vers), Roussel déclara avoir eu « l'impression d'être précipité jusqu'à terre du haut d'un prodigieux sommet de gloire ». Faut-il mettre en relation cet échec et ceux qu'allaient connaître ses romans, poèmes et pièces de théâtre ultérieurs, et la frénésie avec laquelle Roussel s'adonna, la dernière année de sa vie, au jeu d' échecs ? En guise de conclusion à Comment j'ai écrit certains de mes livres , Roussel revient sur « le sentiment douloureux que j'éprouvais toujours en voyant mes œuvres se heurter à une incompréhension hostile presque générale. « Je ne connus vraiment la sensation du succès que lorsque je chantais en m'accompagnant au piano et surtout par de nombreuses imitations que je faisais d'acteurs ou de personnes quelconques. Mais là, du moins, le succès était énorme et unanime. « Et je me réfugie, faute de mieux, dans l'espoir que j'aurai peut-être un peu d'épanouissement posthume à l'endroit de mes livres. » "Je me suis toujours proposé d'expliquer de quelle façon j'avais écrit certains de mes livres […], car j'ai l'impression que des écrivains de l'avenir pourraient peut-être l'exploiter avec fruit". Raymond Roussel, Comment j'ai écrit certains de mes livres Si, de son vivant, Roussel ne connut pas la gloire à laquelle il aspirait et surtout l'euphorie qui, croyait-il, l'accompagne – une euphorie qu'il rechercha dans la consommation des drogues –, et si, depuis sa mort, il est resté un auteur relativement confidentiel, sa vie et son œuvre ont marqué de manière profonde, proprement bouleversante, nombre d'artistes et d'écrivains, à commencer par Marcel Duchamp, lui aussi grand joueur d'échecs, qui affirmait tout lui devoir – mais aussi Roger Vitrac, Robert Desnos, Georges Bataille, Michel Leiris qui le connut dès son enfance, Georges Perec ou Michel Foucault… Plutôt que dans le sillage de la production critique et savante que l'œuvre de Raymond Roussel a suscité – production abondante, compte tenu de la place restreinte qu'il occupe, au rayon mineur des bizarreries, dans le « panthéon » de la littérature –, c'est du côté de ces artistes et écrivains qui cherchèrent à « exploiter avec fruit » son héritage, que s'inscrit Poussière de soleils. Myriam BLOEDE Pour en savoir plus sur le travail de Josef Nadj: http://www.josefnadj.com |
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jeudi 19 à 19 h 30 et vendredi 20 mai à 20 h 30 Grand Volcan
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