Correspondances filmées - Projet expérimental du Volcan
 
Aujourd'hui, les images font partie intégrante de l'univers des enfants. Le cinéma est l'art des rapports humains ; le numérique ouvre un champ extraordinaire de découverte et d'exploration.

Cela nous a donné envie de prolonger avec les jeunes le plaisir de leur montrer de beaux films en salle,
par un travail de réalisation de leurs propres films, ou plutôt de leurs lettres filmées (qui supposent l'existence d'un destinataire, d'un autre, réel ou imaginaire).

Quelques objectifs de départ nous ont guidés :
- Une préoccupation majeure : la parole (singulière) et sa transmission.
- Ne pas tomber dans le "mirage" de la technologie, mais travailler de manière exigeante en évitant les
stéréotypes ; le point de vue, le cadre, le plan, la forme des films… sont déterminants dans le processus.
- La finalité n'est pas l'œuvre terminée, mais l'initiation au regard, réalisée dans le cadre de cette
méthode préalablement définie. Le Volcan propose une forme à la fois précise et ouverte, la liberté
est laissée à chaque réalisateur de raconter ce qu'il veut à l'intérieur de ce "cadre".
Chaque film associe jeunes et adultes, enseignants, éducateurs et professionnels du cinéma.
Il est pour chacun une aventure particulière. L'esthétique du film se développe toujours au sein
d'une équipe dans un dialogue constant -ce qui permet une grande diversité et richesse dans les productions.
- Il importe aussi de se poser les questions d'éthique : comment travailler avec des enfants,
avec des groupes constitués, jusqu'où ne pas aller ?
Quelles images tourner, que fait-on des images réalisées par les jeunes par rapport aux spectateurs,
aux médias…?



La souplesse et la précision des outils numériques permettent l'interaction entre l'image et le son, la possibilité de travailler en temps réel, la proximité avec les gens… Il est donc plus facile, avec les petites caméras DV, "d'entrer" dans la vie quotidienne, intime des personnes. C'est la tension entre ce que l'on filme et la façon dont on le filme, le parti pris du réalisateur, qui fondent ce travail. Parce que les choix techniques sont nombreux, les questions de sens, de choix, la réflexion sur la forme et le fond, sur le rapport sensible entre l'image et le son, sont au cœur du processus de création de ces correspondances filmées.

Pour que chaque réalisateur puisse trouver sa méthode en toute liberté, la constitution de l'équipe d'accompagnement est très importante. Ainsi, des réunions de réflexion et d'évaluation sont nombreuses
et régulières, elles sont parfois ouvertes à d'autres professionnels que ces questions intéressent (ce fut le cas au Moulin d'Andé avec l'organisation de trois jours de projections et rencontres associant vingt-cinq
professionnels : pédagogues, chercheurs, réalisateurs, producteurs, chefs opérateurs, ingénieurs du son…).



Les jeunes qui ont participé à ce projet, dans le cadre de l'école, ou individuellement, ont raconté avec
leursimages et leur univers sonore ce qui fait battre leur cœur. Ils ont tissé des liens durables, ils ont
découvert aussi que faire un film c'est choisir, que le monde est toujours surprenant.

Ce travail que nous présentons, après deux années "d'expérimentation", doit être reçu comme une
ouverture, une réflexion sur les images d'aujourd'hui et leur rapport au monde, et non comme des
œuvres terminées. Toutes ces lettres et cartes postales filmées produites par Le Volcan témoignent
d'une aventure cinématographique et humaine particulière.

Ginette Dislaire
 
 
« Cette expérience filmique, rare et singulière, de correspondances
filmées, initiée par Le Volcan, devrait être connue (et reconnue) par
tous ceux que le cinéma passionne. »
Eric Pauwels, réalisateur
(lors de la journée particulière sur les lettres filmées, en juin 2002 au Cinéma des Cinéastes, à l’initiative
de Documentaire sur grand écran)

 
 
Des lettres, des films
« Intervenir au Havre, suite à la proposition de Ginette Dislaire, dans le stage autour des lettres filmées
m’a permis, souvent avec émotion, de constater à quel point les participants exprimaient le désir de
parler d’eux-mêmes. Il y avait là une prise de risque que je leur avais implicitement demandée et qu’ils
ont su saisir tout en protégeant leur intégrité, physique et morale. Le résultat, ce sont pour moi des
créations purement cinématographiques, où la forme s’allie avec le fond et où, surtout, apparaît un
au-delà de l’intimité. Cet au-delà s’adresse à l’autre, c’est-à-dire à nous, spectateur, devenu pour une
fois actif, réceptif à cette correspondance à laquelle il nous est éventuellement proposé
–à notre manière– de répondre. »

Joseph Morder, réalisateur
 
 
Les Rencontres Internationales et les Correspondances filmées ont été cofinancées par Le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) dans le cadre du Programme d'Initiative Communautaire (PIC) INTERREG IIIA.
http://europa.eu.int/comm/dgs/regional_policy/index_fr.htm
http://www.interreg3.com/

Le Volcan - Scène Nationale du Havre, dans le cadre de son Département Cinéma & Images, participe
au dispositif européen franco-britannique INTERREG IIIA, aux côtés des Ateliers du Méandre à Fécamp
et de l'association Du Grain à Démoudre à Gonfreville l'Orcher. Grâce à ces financements FEDER (Fond Européen de Développement Régional), Le Volcan a réalisé vingt sept cartes postales et lettres filmées
au Havre et dans sa région. Des projets sont en cours avec les région du Kent, East-Sussex, et Brighton
and Hove.

Le Volcan - "Scène nationale du Havre" theatre, through its section "Cinéma & Images", takes part to
the european INTERREG IIIA project in partnership with "les Ateliers du Méandre" in Fécamp and
"Du Grain à Démoudre" association in Gonfreville l'Orcher. Thanks to the ERDF (European Regional
Development Fund), Le Volcan carried out twenty seven "cartes postales filmées" (video poscards)
and "lettres filmées" (video letters) in Le Havre and its area. Projects are currently under development
with three british counties/unitaries which are namely Kent, East Sussex and Brighton and Hove.
 
Dernière mise à jour le 15/02/2005